Fête de Sainte Catherine : que signifie vraiment « coiffer Sainte Catherine » ?

11 août 2026

Jeune femme portant un bonnet de la Sainte-Catherine orné de rubans et de fleurs en tissu dans un atelier de couture parisien

L’expression « coiffer Sainte Catherine » désigne le fait, pour une femme, d’atteindre l’âge de 25 ans sans être mariée. Liée à la fête de Sainte Catherine célébrée chaque 25 novembre, cette formule reste présente dans la langue française, même si les dictionnaires de référence la classent désormais comme vieillie. Derrière ces quelques mots se croisent une sainte patronne, un rituel du chapeau et une norme sociale qui a beaucoup évolué.

Catherinette, chapeau et célibat : trois notions à distinguer

La confusion est fréquente entre la sainte, la fête et l’expression. Elles partagent la même date mais renvoient à des réalités différentes.

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Notion Définition Contexte d’usage
Sainte Catherine d’Alexandrie Patronne des jeunes filles, mais aussi des étudiants et de la sagesse Calendrier liturgique, patrimoine religieux
Fête de la Sainte-Catherine (25 novembre) Journée de célébration et de foires locales Événements municipaux, traditions régionales
Catherinette Femme célibataire de 25 ans ou plus, invitée à porter un chapeau Milieu professionnel (couture, mode), expression populaire
« Coiffer Sainte Catherine » Être célibataire au-delà de 25 ans (pour une femme) Langue courante (expression marquée comme vieillie)

Le patronage de sainte Catherine dépasse donc largement le seul célibat féminin. Des sources récentes rappellent son association avec les étudiants, la sagesse et le mariage heureux, ce qui donne à l’expression un arrière-plan culturel plus riche que ce que la plupart des articles en ligne décrivent.

Groupe de femmes fêtant la Sainte-Catherine dans une brasserie parisienne avec des bonnets colorés en tulle et rubans

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Origine de l’expression « coiffer Sainte Catherine » et rituel du chapeau

Le 25 novembre, jour de la fête de sainte Catherine d’Alexandrie, une tradition voulait que les jeunes femmes célibataires de 25 ans et plus se confectionnent un chapeau original. Celle dont la coiffe était jugée la plus réussie recevait une récompense.

Le verbe « coiffer » fait directement référence à ce geste : poser un chapeau sur la statue de la sainte. Par extension, la femme qui « coiffait Sainte Catherine » se retrouvait elle-même coiffée, désignée publiquement comme non mariée.

  • Le chapeau devait être fabriqué à la main, souvent dans les ateliers de couture ou de mode où la tradition était la plus vivace.
  • Les couleurs jaune et vert dominaient, le jaune symbolisant la foi et le vert l’espoir d’un mariage prochain.
  • La dimension collective comptait autant que l’objet : c’était un moment de fête entre collègues ou amies, pas une humiliation publique.

Ce rituel ancré dans le milieu de la couture explique pourquoi la tradition des catherinettes a survécu plus longtemps dans la mode que dans d’autres secteurs professionnels.

Une expression vieillie : ce que disent les dictionnaires aujourd’hui

Le dictionnaire Wiktionnaire classe « coiffer Sainte-Catherine » comme une locution familière et vieillie. Ce marquage n’est pas anodin : il signale que l’expression ne circule plus comme une formule courante dans la conversation quotidienne.

On la rencontre surtout dans deux contextes précis. Le premier est explicatif : un article, un cours de français langue étrangère ou un quiz culturel. Le second est patrimonial : les foires et événements locaux organisés autour du 25 novembre, où des villes réactivent la mémoire de sainte Catherine à travers le commerce et les traditions régionales.

En revanche, utiliser cette expression au premier degré dans un cadre social actuel paraît daté. L’âge moyen au premier mariage a considérablement reculé en France, et la notion même de célibat à 25 ans comme situation remarquable n’a plus de prise sur la réalité démographique.

Norme de genre et relecture contemporaine de la fête de Sainte Catherine

Plusieurs sources récentes présentent la tradition des catherinettes comme un rite révélateur d’un cadre social devenu obsolète. Le célibat féminin y était traité comme une anomalie à corriger, là où le célibat masculin du même âge ne faisait l’objet d’aucun rituel comparable.

Cette asymétrie alimente une relecture critique. La fête n’était pas hostile aux femmes dans son déroulement (le chapeau restait festif, l’ambiance joyeuse), mais sa logique reposait sur un présupposé clair : une femme de 25 ans devait être mariée.

À l’inverse, les événements patrimoniaux qui perdurent autour du 25 novembre tendent à détacher la date de cette dimension matrimoniale. Les foires de la Sainte-Catherine, comme celle de Vesoul en Bourgogne-Franche-Comté, mettent en avant le commerce local et l’art de vivre régional plutôt que le statut conjugal des participantes. La fête survit, mais son sens s’est déplacé.

Chapelière confectionnant à la main un bonnet de la Sainte-Catherine dans un atelier de modisterie traditionnel

Sainte Catherine dans la langue française : au-delà du mariage

Réduire sainte Catherine à l’expression sur le célibat revient à ignorer la richesse du personnage dans le patrimoine linguistique et religieux français. Patronne des jeunes filles, elle est aussi associée aux étudiants et à la sagesse, ce qui explique la diversité des usages de son nom.

  • En horticulture, le dicton « À la Sainte-Catherine, tout bois prend racine » reste utilisé pour indiquer la période idéale de plantation.
  • Dans le calendrier liturgique, la date du 25 novembre garde une présence dans les paroisses et les institutions religieuses.
  • Dans l’enseignement du français langue étrangère, « coiffer Sainte Catherine » sert régulièrement d’exemple pour expliquer les expressions idiomatiques liées aux traditions.

L’expression reste un marqueur culturel plus qu’un usage vivant de la langue. Elle raconte quelque chose de l’histoire sociale française, de la place assignée aux femmes et de l’évolution des normes matrimoniales. La comprendre, c’est lire entre les lignes d’une tradition qui a changé de fonction sans tout à fait disparaître.

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