Pratique excessive des jeux vidéo ou d’Internet : tranche d’âge la plus touchée ?

20 janvier 2026

Adolescent jouant aux jeux vidéo dans sa chambre cosy

Plus de 80 % des adolescents en France passent chaque jour par la case Internet ou jeux vidéo. Pourtant, l’addiction, reconnue comme trouble par l’Organisation mondiale de la santé, ne concerne qu’une fraction de ces jeunes. Dans cette affaire, les parents se montrent souvent plus anxieux que les professionnels de santé.

On pourrait croire que les plus petits sont les premiers concernés, mais les chiffres racontent une autre histoire. Les études récentes dessinent une carte nuancée, où chaque âge, chaque contexte, chaque environnement social joue son rôle.

À quel âge l’addiction aux jeux vidéo et à Internet devient-elle la plus préoccupante ?

Les chiffres sont sans ambiguïté : la pratique excessive des jeux vidéo et d’Internet frappe beaucoup plus fort chez les adolescents de 12 à 17 ans. C’est dans cette tranche que remontent le plus de signalements de troubles liés à l’usage des écrans. Le manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (Dsm) a désormais intégré l’Internet Gaming Disorder à ses classifications, confirmant une tendance lourde de société.

Les enfants plus jeunes ne sont pas épargnés par les usages problématiques, mais la vigilance parentale limite souvent la casse et l’accès sans limite. Dès que l’autonomie prend le dessus, notamment chez les jeunes adultes, la marge de manœuvre s’élargit, mais les études françaises montrent que le risque diminue après 18 ans.

Concrètement, le gaming disorder se traduit par une perte de contrôle, une place grandissante du jeu dans le quotidien et la poursuite de ce comportement malgré ses conséquences. Les enquêtes nationales relient la cyberdépendance à l’entrée au collège, période où les habitudes numériques deviennent durables et difficiles à inverser.

Voici ce que révèlent les études sur les groupes d’âge concernés :

  • 12-17 ans : la tranche la plus exposée
  • Enfants jeunes : surveillance parentale généralement plus présente
  • Jeunes adultes : le risque s’atténue progressivement

La situation en France fait écho à celle observée ailleurs en Europe, mais aussi en Asie. Partout, la pratique excessive des jeux vidéo chez les adolescents soulève des débats sur la santé mentale et les politiques de prévention des addictions.

Reconnaître les signes d’une pratique excessive chez les jeunes

Détecter une pratique excessive des jeux vidéo ou d’Internet demande d’observer le quotidien de près. La limite entre passion et usage problématique se floute, surtout à l’adolescence. Le premier signal évoqué par les professionnels : la perte de contrôle. Incapacité à s’arrêter, à réduire le temps devant l’écran, même quand l’envie de changer est là. Cela s’accompagne souvent d’un désintérêt pour les activités qui faisaient autrefois plaisir : sport, lecture, sorties entre amis.

Des signes physiques apparaissent vite. Trouble du sommeil, fatigue, maux de tête, tensions dans le dos ou la nuque : le corps ne triche pas. Les familles remarquent parfois un retrait social, des tensions à la maison, une chute des résultats scolaires. Côté moral, on voit survenir de l’irritabilité, de la colère quand il faut couper le jeu, et parfois des symptômes de sevrage : anxiété, tristesse, agitation.

Quelques indicateurs permettent d’alerter sur une utilisation problématique :

  • Temps d’utilisation impossible à maîtriser
  • Perte d’intérêt pour d’autres activités
  • Dégradation de la santé physique et mentale : fatigue, anxiété, voire dépression
  • Trouble du sommeil qui s’installe
  • Isolement, aussi bien social que familial

Les professionnels recommandent de croiser plusieurs signaux avant de s’inquiéter. L’installation d’une dépendance à l’écran est progressive, souvent insidieuse, et s’étale sur des semaines, parfois des mois.

Pourquoi certains adolescents sont-ils plus vulnérables que d’autres ?

La pratique excessive des jeux vidéo et d’Internet ne tombe pas du ciel. Certains profils d’adolescents sont plus exposés que d’autres, sous l’effet de facteurs personnels, familiaux ou sociaux. Les études mentionnent un terrain anxieux, une faible estime de soi ou une tendance à l’isolement social. Quand les difficultés s’accumulent à la maison ou à l’école, le numérique devient un refuge, un espace pour souffler, parfois pour s’effacer.

L’adolescence, c’est aussi le temps de toutes les pressions et des bouleversements identitaires. La facilité d’accès aux réseaux sociaux et aux jeux, additionnée à l’absence de règles claires, rend vulnérable ceux qui peinent à gérer leurs émotions. Les garçons, plus attirés par la compétition et le jeu en ligne, sont particulièrement concernés, tandis que les filles, de leur côté, s’orientent davantage vers une dépendance aux réseaux sociaux.

Le contexte familial joue un rôle de premier plan. Un dialogue difficile, l’absence de cadre ou la mise à disposition permanente des écrans, tout cela multiplie les risques de problèmes liés à l’usage des écrans. Enfin, certains traits de personnalité, impulsivité, goût du risque, facilitent l’installation de la dépendance.

Ces facteurs reviennent régulièrement dans les études :

  • Terrain anxieux ou dépressif
  • Estime de soi fragile
  • Isolement social ou familial
  • Absence de limites claires concernant les écrans
  • Personnalité impulsive, attirée par les sensations fortes

Jeune fille concentrée utilisant une tablette à la cuisine

Des solutions concrètes pour prévenir et accompagner l’addiction numérique

Face à la pratique excessive des jeux vidéo ou d’Internet chez les adolescents et jeunes adultes, plusieurs leviers s’avèrent utiles : fixer des limites, s’appuyer sur l’encadrement familial et se tourner vers des professionnels si la situation dérape. Les parents ont un rôle central. Déterminer des moments sans écran, prévoir des temps en famille loin du numérique, encourage un rapport plus serein à la technologie. Le dialogue parents-enfants fait office de première ligne de défense : comprendre ce qui attire, repérer les signes d’alerte, ajuster les règles en fonction de l’âge.

Le soutien ne s’arrête pas au cercle familial. Les établissements scolaires, les professionnels de santé, les associations multiplient les actions de prévention, les ateliers et les repérages précoces. Lorsque la cyberdépendance s’ancre, un accompagnement spécialisé devient nécessaire. Les psychothérapies cognitives et comportementales ont montré leur efficacité, en complément d’un suivi médical ou d’une prise en charge en addictologie.

Encourager la pratique d’activités alternatives, sport, création artistique, engagement dans des associations, renforce la confiance en soi, multiplie les occasions de socialiser et limite le risque d’enfermement numérique.

Quelques pistes concrètes à tester ou à instaurer :

  • Établir des règles claires pour l’usage des écrans
  • Privilégier le dialogue et la vigilance parentale
  • Faire appel à des professionnels si la situation n’évolue pas
  • Favoriser les activités physiques, créatives ou associatives

Rien n’est figé. Avec le bon équilibre, la technologie redevient un outil, pas un piège. Reste à inventer, ensemble, une nouvelle façon de grandir avec les écrans sans y perdre sa liberté.

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